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La Formation en situation de travail (Fest) à la loupe

La DGEFP encourage 21 expérimentations de Fest menées par 11 OPCA dans des TPE et PME. Un bilan sera établi en 2018 pour réfléchir à la définition d’un cadre juridique permettant de généraliser et de financer les Formations en situation de travail dans les entreprises. L’Afpa, Opcalia et les entreprises d’insertion tirent les premières conclusions d’un projet commun.

 

La Fest (Formation en situation de travail) fera-t-elle un jour partie des dispositifs mis à la disposition des entreprises et des salariés pour faciliter leur évolution professionnelle ?

Depuis fin 2015, le Copanef (Comité interprofessionnel pour l’emploi et la formation) et la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle) encouragent, avec le soutien et le financement du FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels), l’émergence et la formalisation de ces formations en entreprise, articulées aux situations de production.

La DGEFP a ainsi lancé un appel à projets et retenu vingt et une propositions d’expérimentations de Fest menées par 11 OPCA dans des TPE et PME de différents secteurs d’activité. Un bilan de ces expérimentations sera établi en 2018 pour nourrir la réflexion collective sur la définition d’un cadre juridique susceptible d’assurer la généralisation et le financement des Fest. D’ores et déjà, l’Afpa, Opcalia et la Fédération des entreprises d’insertion ont dressé le 5 octobre dernier un premier bilan du projet conduit en commun qui a concerné cinq entreprises et cinq salariés en insertion.

« Nous souhaitions accompagner les entreprises pour les aider à formaliser ces formations réalisées jusqu’alors de façon plus ou moins empiriques, explique Timothée Hollebèque, responsable de projets au pôle Transitions professionnelles de l’Afpa. L’objectif étant de rendre ces formations plus efficaces, tracées, libératoires et finançables ».

Il s’agissait tout d’abord d’analyser les enjeux et les besoins des employeurs et d’identifier les formateurs et les tuteurs, qui, sur le terrain, allaient former les salariés. « Nous avons ensuite accompagné les entreprises dans la rédaction des fiches de postes mettant en évidence les compétences exigées et imaginé ensemble des solutions pour que les salariés puissent acquérir les compétences manquantes » poursuit Timothée Hollebèque. Les salariés repérés pour participer à cette expérimentation avaient obtenu en amont la certification CléA pour faire le point sur leurs compétences et repérer leurs lacunes.

 

Un équilibre à trouver

Au terme de cette expérimentation, les trois partenaires ont mis en évidence les avantages de la Fest mais aussi les difficultés de sa mise en œuvre. « La Fest est différente de la formation que nos entreprises ont l’habitude de réaliser in situ, souligne Muriel Pibouleau, coordinatrice de ce projet au sein de la Fédération des entreprises d’insertion. Concrètement, il ne suffit pas de montrer au salarié ce qu’il faut faire. Les tuteurs doivent également l’aider à prendre du recul et savoir verbaliser leurs apprentissages. Or nos tuteurs n’ont pas, pour une majorité d’entre eux, d’expérience pédagogique. Si nous voulons déployer ce dispositif, il nous faudra donc former les encadrants en amont ».

Le succès de la FEST dépend également des caractéristiques des entreprises concernées et de leur organisation, mais aussi du profil des apprenants. « L’exercice est chronophage. Un des employeurs participants a calculé qu’il avait investi une centaine d’heure sur le projet pour préparer, animer et évaluer les sessions de formation. De plus, la faculté de former dépend de la diversité et de la richesse des situations de travail disponibles dans l’entreprise. Or toutes les entreprises ne peuvent offrir cette diversité d’activités ni la souplesse organisationnelle nécessaire » affirme Muriel Pibouleau

« Dans la pratique, nous nous sommes aperçu qu’il faut faire du sur-mesure, même s’il est souhaitable de créer une sorte de boîte à outil dans laquelle les encadrants du projet pourront piocher en fonction de leurs besoins », observe pour sa part Timothée Hollebeque.

S’il semble difficile de s’appuyer sur ce seul bilan pour tirer des conclusions d’ordre général – l’Afpa participe également à deux autres projets, l’un dans les industries agroalimentaires avec Opcalim en Bretagne l’autre pour la formation de commerciaux avec l’Agefos PME en Bourgogne-Franche-Comté – force est toutefois de constater que la généralisation de la Fest exigera sans doute beaucoup de travail dans les entreprises et de changement dans leur organisation. « Pourtant, tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est la meilleure façon de prendre en compte à la fois la spécificité des salariés, principalement des moins qualifiés, et les besoins de compétences spécifiques à une entreprise pour lesquelles il n’existe pas d’offre de formation » note Timothée Hollebèque. « L’enjeu est donc de trouver le bon équilibre : nous devons chercher à tirer nos entreprises vers le haut sur le sujet de la formation mais il ne faut pas vouloir mettre en place des procédés trop formels ou complexes, au risque de les décourager » conclut Muriel Pibouleau.

 

 

2017-10-24T22:13:14+00:00 24 octobre 2017|

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