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Coordinateur BIM : une compétence nouvelle pour les entreprises du BTP

L’Afpa déploie à Toulouse et Toulon un parcours expérimental de formation de coordinateur BIM (modélisation de données et maquette numérique). Une compétence qui devient indispensable pour les PME sous-traitantes du BTP.

Le BIM – de l’anglais Building Information Modeling – est le nouveau graal technologique du secteur de la construction. Cette modélisation des données d’un bâtiment recouvre à la fois de nouvelles méthodes de travail et une maquette en 3D, représentation digitale des caractéristiques physiques et fonctionnelles de ce bâtiment. Le BIM permet ainsi d’effectuer des analyses et des simulations en amont de la construction et favorise la collaboration entre tous les intervenants d’un projet.

« Cela permet de détecter d’éventuels conflits entre différents corps de métiers avant qu’ils n’apparaissent sur le chantier, par exemple le passage de tuyaux de chauffage empêchés par un mur. Et de simuler en amont les performances techniques, thermiques, acoustiques d’un bâtiment, explique Philippe Coustel, directeur du centre Afpa de Toulouse Palays. Avec à la clef une réduction des coûts de construction en évitant les mal façons, et une qualité accrue des bâtiments grâce à une plus grande maîtrise de leur réalisation ».

Un dispositif expérimental

Déjà très répandu dans le monde anglo-saxon, le BIM est surtout en France l’apanage des majors du secteur, les PME étant encore à l’écart du mouvement. Dans le cadre du plan national de transition numérique dans le BTP, l’Afpa a répondu à une commande de la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle) pour accompagner les entreprises d’exécution du secteur afin de les aider à mieux maîtriser cet outil en formant des demandeurs d’emplois à cette nouvelle compétence. A la clef la mise en place d’un incubateur BIM permettant de former 16 demandeurs d’emplois, 8 à Toulouse et 8 à Toulon, sur un parcours de 26 semaines réparties en centre de formation (12 semaines) et en entreprise (14 semaines). Ce programme expérimental d’un total de 910 heures a été élaboré par la direction de l’ingénierie pédagogique de l’Afpa « à partir d’une analyse sectorielle du travail reposant sur des situations concrètes d’utilisation du BIM en entreprise, précise Jean-Pierre Alexandre, ingénieur de formation à l’Afpa en charge du projet. Nous avons notamment travaillé avec l’entreprise toulousaine GA qui nous a conseillé et nous a fourni des données et des exemples de maquettes BIM pour ancrer cette formation dans le concret. »

Le groupe GA est un promoteur-constructeur et gestionnaire de bâtiments tertiaires et industriels, pré-fabricant notamment des éléments béton utilisés dans ses réalisations. « Depuis huit ans nous utilisons le BIM dans la partie béton, notamment pour la modélisation en usine des blocs d’assemblage, explique Olivier Pellegrin, BIM manager chez GA. Il y a trois ans nous avons élargi cet outil à tous les corps d’état et nous le généralisons dans nos relations avec nos sous-traitants que nous accompagnons au besoin pour sa mise en place. »

GA, qui a embauché cette année un conducteur de travaux BIM formé à l’Afpa, sera une des 16 entreprises qui accueillera un apprenant du cursus. « Chaque aller-retour entre le centre de formation et l’entreprise sera associé à une mission spécifique confié au stagiaire, explique Jean-Pierre Alexandre. Cette formation en situation de travail (FEST) sera entièrement digitale, les stagiaires ayant accès à des postes de travail numériques permettant l’échange de données en cloud, des tablettes et des écrans tactiles de grande dimension. Les principes pédagogiques reposent sur une action de formation collective basée sur la co-évaluation visant surtout à développer des compétences transversales. » Le rôle des tuteurs qui encadreront les apprenants en entreprise est en ce sens fondamental. « Nous nous adressons à des entreprises qui sont en train d’évoluer pour adopter le BIM ou qui veulent faire ce pas de côté, nous accompagnons le changement dans ces entreprises » explique Jean-Pierre Alexandre. « Nous aidons les entreprises à se mettre en capacité de répondre à des appels d’offres exigeant la maîtrise du BIM » renchérit Philippe Coustel.

L’expérimentation qui doit démarrer à la mi décembre se terminera par une évaluation finale avec soutenance d’un mémoire devant un jury composé des autres apprenants, des tuteurs et des formateurs. « Nous nous situons en amont d’un éventuel travail de certification de ce parcours de coordinateur BIM que nous espérons voir effectif en 2018 et qui servira ensuite à d’autres organismes de formation » confie plein d’espoir Jean-Pierre Alexandre.

 

2017-12-03T23:02:45+00:00 4 décembre 2017|

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