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Un campus de formation pour l’usine du futur

Adapter les compétences des opérateurs et techniciens industriels aux nouvelles exigences de l’usine de demain. C’est la vocation de la plate-forme de formation des métiers industriels, qui ouvrira ses portes, en 2018, à Bondoufle dans l’Essonne. Une réponse innovante et mutualisée entre de grandes entreprises, des organismes de formation (dont l’Afpa) et des organisations professionnelles.

Robotique, cobotique, machines connectées, terminaux mobiles… L’industrie poursuit la mutation de ses process de fabrication et de maintenance, avec des conséquences tangibles sur ses métiers. Pour accompagner et surtout anticiper ces évolutions, notre pays doit se doter d’outils de formation les plus à jour possible, et faire évoluer les référentiels de ses titres et diplômes. Le temps presse. « Nous sommes à la charnière d’une transformation majeure des chaînes de production industrielle, qui seront demain encore plus automatisées, constate Jean-Luc Bérard, DRH de Safran (équipementier dans les domaines de l’aéronautique, de l’espace, de la défense et de la sécurité). Ces nouveaux modes de production vont exiger des opérateurs et techniciens des compétences complémentaires à celles de leurs métiers d’origine. Le secteur des services a déjà effectué en grande partie cette mutation, l’industrie n’en est encore qu’à ses débuts même si le mouvement a été initié depuis plusieurs années. » Ce constat est à l’origine du projet de plate-forme de formation à la « mécanique industrielle de demain », dont la première pierre a été posée le 10 novembre dernier à Bondoufle (Essonne), sur le site de la Faculté des métiers de l’Essonne (FDME) par le premier ministre Manuels Valls. Une initiative de Safran pour adapter et recruter les profils d’opérateurs et de techniciens dont il a besoin, en particulier pour son site Safran Aircraft Engines (ex Snecma), situé à Evry (Essonne). Une réponse aussi aux besoins des entreprises industrielles du territoire, sous traitantes ou non de Safran, et qui sont confrontées aux mêmes problématiques. Originalité du projet : réunir des organismes de formation – l’Afpa, l’Aforp (Centre de formation industrielle et technologique), la FDME ( Faculté des métiers de l’Essonne) -, des entreprises – Safran, Fives Maintenance (groupe d’ingénierie industrielle)- et des organisations professionnelles – le Gim (Groupement des industries métallurgiques) et le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) – au sein d’un consortium qui, en lien avec d’autres partenaires – Maison de l’emploi d’Evry/Corbeil Essonne, Conseil régional d’Ile de France, Communauté d’Agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart – travaille depuis près de deux ans sur ce projet.

L’industrie crée des emplois

Aujourd’hui, parallèlement au démarrage du chantier, le consortium se penche sur les besoins de formation et d’ingénierie pédagogique du futur campus, afin de peaufiner les programmes de formation. Le centre de formation prévoit d’accueillir 250 à 300 alternants et 300 salariés en formation continue. Pour Régis du Sordet, responsable du développement sectoriel à la direction du développement entreprises de l’Afpa, cette participation correspond « à notre volonté d’accompagner les clients dans leurs projets, et particulièrement sur des métiers qui évoluent. Il s’agit d’une initiative doublement novatrice : sur la forme, elle est réalisée par un consortium, et sur le fond, car elle permet d’apporter des réponses aux besoins de l’usine du futur. » Faire passer le message d’une industrie créatrice d’emplois est également une motivation forte pour les participants : « La relocalisation de certaines activités industrielles a commencé, portée en grande partie par la numérisation, constate Jean-Luc Bérard. Nous avons toujours besoin d’opérateurs ayant des formations de base d’ajusteur, de chaudronnier ou de technicien de maintenance, mais l’usine du futur aura besoin de compétences supplémentaires. Par exemple, en programmation, en anglais… »

Autre motivation des industriels : contribuer, en proposant une vitrine performante, à accroître une attractivité des métiers industriels toujours problématique. Selon l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), l’industrie devrait recruter entre 80 000 et 100 000 personnes chaque année d’ici à 2020…

« Nous avons énormément de difficultés à attirer suffisamment de jeunes en alternance mais également de demandeurs d’emploi dans nos formations industrielles, regrette Max Peuvrier, président de la FDME, structure porteuse du consortium. Disposer d’une plate-forme de formation telle que celle de Bondoufle permettra aussi de communiquer sur l’évolution des métiers. »

Des visites vont d’ailleurs être prévues pour faire connaître le lieu aux jeunes en particulier. Pour les entreprises comme pour les organismes de formation, la mise à disposition d’un parc machines permettant des formations à la pointe de la technologie est l’une des grandes avancées du projet. Cet investissement représente à lui seul 6 millions d’euros sur un total de 8 millions d’euros de budget (hors coûts de fonctionnement). Le bâtiment, d’une surface de 2000 mètres carrés, accueillera ses premiers stagiaires et jeunes en alternance à la rentrée 2018.

Dominique Perez

2017-03-28T18:05:56+00:00 23 décembre 2016|

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