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Alternance, des formations ajustées pour les entreprises du Jura

Pour répondre au besoin de main-d’œuvre qualifiée sur le métier de mécanicien ajusteur mouliste des entreprises jurassiennes, Pôle emploi, l’Afpa et l’Afpi de Bourgogne Franche-Comté se sont associés pour construire un dispositif de recrutement innovant. Témoignage de SMP Moules qui en a bénéficié.

 

« Nous avons beaucoup de difficultés à recruter du personnel compétent sur les métiers de mécanicien ajusteur mouliste. L’alternance reste quasiment le seul moyen d’y parvenir », reconnaît Céline Angeloz, assistante de direction et responsable RH de la société SMP Moules. Implantée à Lavancia-Épercy (Jura), cette PME de 60 salariés, spécialisée dans la conception et la fabrication de moules métalliques de haute précision, est prospère : 8,8 millions de chiffre d’affaires en 2015. Pourtant, comme de nombreuses entreprises franc-comtoises installées sur le même créneau (Smoby, Thomas, Procap, Hebert, le groupe Sab JB Technics, Grand Perret), elle peine à trouver une main-d’œuvre qualifiée. Un problème récurrent qui a conduit ces dernières, le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, Pôle emploi et deux organismes de formation, l’Afpa et l’Afpi[1], à unir leurs compétences pour élaborer un dispositif de recrutement sur mesure fondé sur l’alternance. Ce dispositif est financé par la Région et l’Opca Défi.

 

Les candidats ont été sélectionnés grâce à la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) mise au point avec le concours des responsables monteurs des entreprises concernées par le projet. Les 10 demandeurs d’emploi retenus ont suivi une formation de 6 mois pour obtenir une double qualification : le CQPM[2] d’ajusteur monteur de système mécanisés et celui d’outilleur mouliste. Ce parcours a été complété par une période d’un an en contrat de professionnalisation dans l’une des entreprises participant au dispositif.

 

Maturité, savoir-être et choix mutuel

 

Maud Pelouas, 26 ans, confrontée au chômage après des études d’optique, a suivi la formation de “monteur ajusteur en système mécanique” au centre Afpa de Lons-le-Saunier, d’octobre 2015 à mai 2016. « L’avantage, confie-t-elle, c’était d’entrer dans un centre de formation reconnu, d’obtenir un titre professionnel, avant de pénétrer le monde de l’entreprise, via un contrat de professionnalisation. » Un intérêt partagé par Céline Angeloz : « Les stagiaires de l’Afpa sont des adultes qualifiés et motivés, pas des gens sortis de l’école qui ont suivi une formation comme un pis-aller. Il y a une différence flagrante de maturité, de ponctualité et de savoir-être. Et le savoir-être, en entreprise, c’est aussi important que le savoir-faire ! »

 

Autre avantage de ce mode de recrutement : le choix mutuel. Gilles Pontarollo, responsable du montage ajustage chez SMP Moules, a choisi en amont la candidature de Maud dont il est maintenant le tuteur référent mais, celle-ci a également choisi dans quelle société effectuer sa professionnalisation : « J’avais des propositions d’autres entreprises participant à l’opération, explique-t-elle. Je les ai toutes visitées, et finalement, j’ai opté pour celle-ci pour ses locaux, la qualité de ses équipements, mais aussi de son contact humain, même si, en termes de transports, c’était la moins pratique ! »

 

Gagnant-gagnant

 

La jeune femme a dû compléter la formation acquise à l’Afpa pour l’adapter à son nouvel environnement de travail, la société SMP Moules possédant un matériel à la pointe de la technologie. « Je fais ce métier depuis mes 18 ans et je peux vous dire qu’il faut 10 ans d’expérience pour faire un bon ajusteur mouliste. Alors, même si son année de professionnalisation est terminée, la formation de Maud en interne est loin d’être finie ! Mais elle peut compter sur les compétences de tous ceux qui travaillent ici et vers qui elle peut se tourner pour étoffer son savoir-faire. Ce sont en quelque sorte des tuteurs par délégation », confirme Gilles Pontarollo.

 

L’expérience représente un véritable investissement pour l’entreprise, en termes d’implication du personnel et de temps consacré au projet, mais chacun y trouve son compte : « L’alternance est un système très chronophage, car il faut être très attentif au travail du contrat pro, l’épauler, le conseiller, le guider constamment, tout en maintenant une activité normale de production. Mais c’est aussi un bon moyen pour former les futurs salariés aux exigences de l’entreprise. À la fin, c’est du gagnant-gagnant, tant pour nous que pour les demandeurs d’emploi », explique Céline Angeloz. Ce n’est pas Maud Pelouas qui dira le contraire puisqu’au terme de son année de professionnalisation, elle a été embauchée directement en CDI !

 

Alors que l’entreprise estime ses besoins en personnel qualifié à 5 personnes par an, 2 autres contrats de professionnalisation sont attendus dans les prochaines semaines.

 

[1] Association pour la formation professionnelle dans l’industrie, membre du réseau UIMM

[2] Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie

2017-04-20T12:08:32+00:00 9 octobre 2016|

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